Actualité · 27 août 2026 · 7 min

Un syndic voulait empocher une commission de 15% qu'il avait passée sous silence mais il a été condamné en justice

Un syndic condamné pour avoir dissimulé une commission de 15%. Ce que ça change concrètement si vous vendez, achetez ou gérez une copropriété.

Ce qu'il faut retenir

  • Un syndic qui modifie sa rémunération sans en informer les copropriétaires engage sa responsabilité juridique, comme l'a confirmé la justice dans cette affaire.
  • Avant de signer tout contrat avec un syndic, comparez point par point les honoraires forfaitaires et les prestations complémentaires facturées en supplément.
  • L'obligation d'information du syndic envers les copropriétaires est légale, pas seulement commerciale : son non-respect peut entraîner la nullité des clauses litigieuses.
  • Si vous achetez un bien en copropriété, demandez systématiquement les trois derniers contrats de syndic pour détecter d'éventuels glissements tarifaires.

Un syndic voulait empocher une commission de 15% qu'il avait passée sous silence, mais il a été condamné en justice : c'est le fait rapporté récemment dans la presse spécialisée, et il illustre un risque bien réel pour quiconque possède, achète ou vend un bien en copropriété. Concrètement, ce syndic avait modifié les modalités de sa rémunération dans son contrat, un mois avant son entrée en vigueur, sans en avertir les copropriétaires. La justice a tranché : l'obligation d'information n'est pas une formalité, c'est une règle dont la violation se paie.

Ce que cette condamnation change pour vous si vous achetez en copropriété

Quand vous visitez un appartement en copropriété, les charges mensuelles affichées dans l'annonce sont calculées sur la base du contrat de syndic en cours. Si ce contrat contient des commissions dissimulées ou des avenants modifiés discrètement, vos charges réelles peuvent être supérieures à ce que vous avez anticipé.

Avant de signer un compromis, réclamez au vendeur :

  • Le contrat de syndic en vigueur, y compris ses éventuels avenants datés et signés.
  • Les trois derniers procès-verbaux d'assemblée générale, qui doivent mentionner l'approbation des comptes et les modifications de contrat.
  • Le détail des prestations forfaitaires et des prestations dites "exceptionnelles" facturées en supplément.

Un contrat de syndic bien rédigé distingue clairement ce qui est inclus dans le forfait annuel de ce qui est facturé en plus. Une commission de gestion de travaux de 15%, non mentionnée lors de l'assemblée générale, peut représenter plusieurs milliers d'euros sur un ravalement de façade ou une réfection de toiture. C'est exactement le type de frais qui peut transformer une copropriété apparemment saine en gouffre financier.

Un syndic voulait empocher une commission de 15% : les signaux d'alerte à repérer dans n'importe quel contrat

L'affaire révélée par la presse n'est pas un cas isolé. Les modifications tarifaires glissées en catimini sont un risque structurel du secteur. Voici ce qu'il faut vérifier ligne par ligne dans tout contrat de syndic, que vous soyez copropriétaire, vendeur ou acheteur.

Type de prestation Ce qui devrait être forfaitaire Ce qui peut légitimement être en supplément Signal d'alerte
Gestion courante Convocation AG, tenue de comptabilité, recouvrement standard Procédures judiciaires longues Frais de relance facturés par lettre
Travaux votés en AG Suivi administratif de base Maîtrise d'ouvrage déléguée si explicitement votée Commission en pourcentage non votée
Mutation (vente d'un lot) Aucun forfait n'est obligatoire Frais de mutation plafonnés par décret Montant supérieur au plafond réglementaire
Assurances Souscription du contrat collectif Gestion de sinistres complexes Commission d'apport non déclarée à l'AG

Ce que le vendeur d'un lot en copropriété doit vérifier avant de mettre son bien sur le marché

Si vous vendez un appartement, vous serez tenu de fournir à l'acheteur un état daté établi par le syndic. Ce document récapitule les sommes dues par le lot au moment de la vente : charges impayées, appels de fonds votés, travaux décidés non encore facturés.

Le problème ? Si votre syndic a glissé des commissions non votées dans ses comptes, l'état daté peut refléter des dettes ou des provisions que vous n'aviez pas anticipées. Avant de fixer votre prix de vente, demandez un état daté préliminaire informel à votre syndic pour avoir une vision claire du passif potentiel.

Par ailleurs, si vous découvrez des modifications contractuelles non soumises à l'assemblée générale, signalez-les au conseil syndical immédiatement. En tant que vendeur, votre responsabilité peut être engagée si l'acheteur prouve que vous étiez informé d'un litige en cours avec le syndic et que vous ne l'avez pas déclaré.

Un syndic voulait empocher une commission de 15% passée sous silence : comment se protéger en pratique

La condamnation relatée dans la presse repose sur un principe simple : ce qui n'a pas été soumis au vote des copropriétaires ne peut pas être facturé. Voici les réflexes concrets à adopter, que vous soyez acquéreur, vendeur ou simple copropriétaire.

  • Comparez les contrats dans le temps. Demandez le contrat de syndic en vigueur il y a deux ans et comparez-le avec l'actuel. Les glissements tarifaires apparaissent clairement à la lecture parallèle des deux documents.
  • Assistez ou faites-vous représenter à chaque assemblée générale. C'est le seul moment où vous pouvez voter contre une modification de contrat ou interroger le syndic sur ses honoraires.
  • Vérifiez les comptes rendus de travaux. Une commission de 15% sur des travaux votés à 100 000 euros représente 15 000 euros supplémentaires. Ce chiffre doit apparaître explicitement dans le devis soumis à l'AG, pas seulement dans la facture finale.
  • En cas de doute sur la légalité d'une clause, consultez un avocat spécialisé en droit de la copropriété. Ce site ne fournit pas de conseil juridique personnalisé : un professionnel du droit est indispensable dès que vous envisagez une procédure.

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Ce que cette affaire révèle sur la transparence du marché immobilier

Au-delà du cas particulier, cet épisode judiciaire met en lumière un problème plus large : la difficulté pour un copropriétaire ordinaire de contrôler la gestion de son syndic. Les contrats sont souvent complexes, les assemblées générales peu suivies, et les modifications d'avenant rarement commentées.

Pour un acheteur, cela signifie qu'une copropriété bien gérée est un critère de sélection à part entière, au même titre que l'état du bâti ou la localisation. Une copropriété dont le syndic fait l'objet d'un litige en cours peut bloquer une vente ou retarder l'obtention d'un prêt immobilier, certains établissements bancaires refusant de financer un bien sous contentieux collectif.

Pour un vendeur, une situation conflictuelle avec le syndic peut peser sur la négociation du prix ou allonger les délais de vente. Mieux vaut résoudre le problème en amont, en saisissant si nécessaire le conseil syndical ou en demandant une assemblée générale extraordinaire, plutôt que de le laisser apparaître dans le dossier de vente.

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Verdict

Un syndic condamné pour une commission de 15% passée sous silence, c'est un rappel utile : dans l'immobilier, ce qui n'est pas transparent finit par coûter cher à celui qui le dissimule. Pour vous, vendeur, acheteur ou copropriétaire, cela se traduit par une règle simple : lisez chaque ligne, comparez chaque contrat, assistez à chaque assemblée. La vigilance ne remplace pas un professionnel du droit en cas de litige, mais elle évite d'en arriver là.


FAQ

Un syndic peut-il facturer une commission sur des travaux sans l'avoir mentionné dans le contrat initial ?

Non. Toute prestation facturée en dehors du forfait annuel doit être explicitement prévue au contrat et approuvée par l'assemblée générale. Une commission non mentionnée et non votée est juridiquement contestable. En cas de doute, rapprochez-vous d'un avocat spécialisé en droit de la copropriété.

Comment savoir si le syndic de la copropriété que j'achète a modifié son contrat discrètement ?

Demandez au vendeur les procès-verbaux des trois dernières assemblées générales et le texte complet des contrats de syndic successifs. Toute modification tarifaire doit y être retracée avec la date du vote. L'absence de trace écrite d'une modification est elle-même un signal d'alerte à soumettre à un professionnel du droit.

Est-ce que l'agence immobilière qui me vend le bien est responsable des pratiques du syndic ?

Non, l'agence immobilière mandatée pour la vente n'est pas responsable de la gestion du syndic. En revanche, une bonne agence doit vous signaler les documents à demander et vous alerter si le dossier de copropriété présente des anomalies. Consultez notre classement des agences immobilières pour choisir un professionnel reconnu pour son sérieux dans votre ville.

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